Un enfant de 7 ans meurt d’une otite mal soignée par homéopathie

En Italie, un enfant, suivi par un médecin homéopathe, a été déclaré en mort cérébrale samedi dernier à la suite d’une otite mal soignée. Faut-il condamner l’homéopathie ou l’erreur du médecin ?

Un enfant toujours soigné par l’homéopathie

C’est depuis l’âge de 3 ans que ce petit garçon était traité par de l’homéopathie. Il faisait régulièrement des otites qui se manifestaient toujours de la même manière avec des douleurs, de la fièvre et le nez bouché. Le médecin l’a ausculté une première fois en cabinet et s’est exceptionnellement déplacé au domicile de l’enfant puisque les symptômes ne passaient pas. C’est lorsque l’enfant a perdu connaissance que les parents sont allés aux urgences de l'hopital voisin.

Un médecin douteux suspendu et mis en examen

Ce médecin italien n’a pas su limiter l’inflammation et les traitements prescrits n’ont pas suffi à soigner l’enfant. Cet homéopathe avait eu préalablement des relances de l’ordre des médecins pour justifier sa formation d’homéopathie, élément qu’il n’a jamais fourni. Face à la plainte de la famille, l’Ordre des médecins a suspendu le professionnel jusqu’à ce que des investigations aient été réalisées. Cette procédure est tout à fait normale et ne peut être levé qu’après la décision de justice.

Conduite à tenir

Nombreux sont ceux qui dans ce cas voient un danger dans l’homéopathie, mais il n’en est rien. L’erreur est individuelle, celle d’un médecin qui n’a pas su prendre en compte les signes de gravité. Le médecin homéopathe est conscient des limites de cette thérapie et sait orienter vers des confrères plus traditionnels lorsque ces limites sont atteintes. Des erreurs sont malheureusement faites aussi dans l’allopathie mais elles font moins de bruit. Par exemple, la prise d’anti-inflammatoire masque souvent les signes d’une inflammation dangereuse.

Dans tous les cas, l’homéopathie peut être la réponse aux soins courants de chacun. L’automédication, y compris en homéopathie, a ses limites et doit céder la place à la médecine traditionnelle (régi par des consensus) et aux suivis par des professionnels. L'absence de soin est également très dangereuse.

Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS